Les dirigeants font des propositions, sans Mathieu Gallet — Audiovisuel public

Mathieu Gallet en 2015. Hier pour sa défense il a notamment ­argué des bons résultats de ­Radio France

Mathieu Gallet en 2015. Hier pour sa défense il a notamment ­argué des bons résultats de ­Radio France

Ce dernier avait été condamné le 15 janvier dernier par la justice pour "favoritisme". Recours suspensif, comme l'explique franceinfo ci-dessous, le temps que les juges rendent leur décision.

La question à laquelle ils devaient répondre?

Dans un communiqué publié le 31 janvier, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a annoncé "avoir décidé de retirer son mandat" au président de Radio France Mathieu Gallet et a précisé qu'elle fournirait les détails de sa décision très rapidement. Seul le Conseil, qui a nommé Mathieu Gallet à la tête de Radio France en 2014, était en effet habilité à le révoquer. Des arguments qu'il a pu exposer lors de son audition lundi devant les sept sages du CSA.

La décision du gendarme de l'audiovisuel, qui sera effective au 1er mars, ouvre une période d'incertitude pour le groupe radiophonique public et ses 4.500 salariés alors qu'une vaste réorganisation de l'audiovisuel public est en chantier. "Ma responsabilité, c'est l'indépendance du CSA", a lancé cependant Olivier Schrameck lors de ses voeux à la presse, la semaine dernière.

Condamné à un an de prison avec sursis et 20.000 euros d'amende dans une affaire de favoritisme quand il dirigeant l'Ina, Mathieu Gallet a fait appel de la décision qui l'a replacé aussitôt dans une situation de présomption d'innocence.

Or, le CSA pouvait décider, en tant qu'organe indépendant, de le maintenir en poste.

La défense de Mathieu Gallet a réservé sa décision quant à un éventuel recours devant le Conseil d'Etat. Cela peut expliquer le choix de ce délai.

L'Etat actionnaire est aux côtés de la direction et des équipes de grande qualité de Radio France. Et a confirmé que "le gouvernement travaille effectivement sur un texte de loi pour l'audiovisuel public pour la fin de cette année".

"Le SNJ demande l'interruption des discussions sur l'avenir de l'audiovisuel public jusqu'à ce que Radio France ait retrouvé un dirigeant légitime, aucun intérimaire ne pouvant raisonnablement engager l'avenir et l'existence même de l'entreprise", ajoute-t-il.

Une autre voix s'est fait entendre: celle de la sénatrice Catherine Morin-Desailly, présidente de la commission de la culture, de l'éducation et de la communication du Sénat.

L'une des principales interrogations porte désormais sur les modalités de désignation de son successeur alors que l'une des pistes étudiées par le gouvernement consisterait à ôter au CSA son pouvoir de désignation des dirigeants de l'audiovisuel public pour le confier aux conseils d'administration.